Rendez-vous mythique pour deux Pulliérans

IRONMAN • Le 14 octobre prochain, Mikaël Gaudin et Cyril Stalder, du Tri Team Pully, participeront aux championnats du monde d’Ironman à Hawaï. Deux rêves deviennent réalité.
LAUSANNE – 13.09.2017 – 10:38 – Rédigé par Jacques Wullschleger (Lausanne Cité)

Un Ironman, c’est une journée de boulot, mais pas comme les autres. Entre maîtrise et fulgurance, le corps souffre et le mental le fait fonctionner. Il est aussi le poumon des jambes, qui les fait tourner et les régénère, les rassure. Mikaël Gaudin, 34 ans (son entraîneur est Laurent Trincat), et Cyril Stalder, 37 ans (Sébastien, son frère, l’entraîne) du Tri Team Pully vivront un rêve de l’intérieur, le 14 octobre à Hawaï, à Kailua-Kona à l’occasion des championnats du monde.

Des similitudes

Le premier s’est qualifié en juillet à l’Ironman de Zurich. «Dans ma catégorie d’âge, il fallait être parmi les cinq premiers, et j’ai fini cinquième». Le second à celui du Texas, en avril. «Seuls les huit premiers de ma catégorie (35-39 ans) étaient retenus et je me suis classé au 8e rang. » Tous deux sourient de cette similitude extrême.

Le plus dur était fait ou accompli, même si pour eux, il n’a pas été facile de retrouver l’entraînement quasi quotidien et ses charges, très lourdes. «La récupération est plus psychologique et mentale que physique», disent-il dans un même élan. Pourtant, sociétaires du même club, ils ne s’entraînent que très rarement ensemble. «J’aime bien être seul», avoue Cyril Stalder. «Idéalement, cela serait bien de se retrouver les deux, ajoute Mikaël Gaudin, mais pour vivre cette situation, il faut que le niveau soit identique.»

L’ivresse de la compétition

Tous deux sont des compétiteurs et si, au départ, le plaisir leur sert de moteur, plus la course avance, plus elle fait mal, plus l’envie de «performer» s’installe. «Il y a des moments où on prend son pied, où on s’éclate», confesse Mikaël Gaudin, entraîneur à 100% au Lausanne-Natation (il a été finaliste à des championnats de Suisse, sur 200 dos et 400 libre). «Je viens de la natation, j’ai fait le tour, c’est pour ça que, dans un Ironman, je me réjouis de sortir de l’eau et d’enfourcher mon vélo.» Mais c’est la course à pied qui a sa préférence. «C’est la dernière épreuve, c’est là que je vais en «baver».

Cyril Stalder travaille pour sa part au Service des sports de la ville de Lausanne, en tant que chef d’équipe à la piscine Mon Repos. Ce marathon qui clôt la journée, il l’aime bien aussi. «Au début, ça se passe bien. Le Juge de Paix? Il se trouve pas loin du 30e kilomètre, comme lors d’un marathon normal. Avec la fatigue, du coup, on a plutôt envie que ça se finisse.»

Des règles à suivre

Dans un Ironman, dans un effort de longue durée, et même davantage, il y a une méthodologie de base à respecter, qui s’inscrit au-delà de l’aspect purement sportif. « Il faut veiller à bien se nourrir et à s’hydrater, les entraînements servent aussi à ça, à tester ce qui nous convient ou pas», ajoute Cyril Stalder. «On carbure beaucoup au gel (concentré d’énergie) mais, parfois, il arrive que ça ne passe comme il faut», renchérit Mikaël Gaudin, qui reconnaît s’alimenter un peu moins bien, aux entraînements, parce que les produits ont un coût. «On minimalise cet aspect mais en maintenant une haute écoute du corps, analysé en permanence. Ça permet aussi, volontairement (ou pas), de voir ou d’entrevoir jusqu’où il peut aller, de repousser des limites, les siennes et les nôtres aussi en même temps.» Vous l’aurez compris: Mikaël Gaudin et Cyril Stalder sont constamment concentrés sur leur œuvre, dans la maîtrise; comme s’ils étaient à l’abri d’un moindre bruissement, enfoui dans une bulle, leur mental.

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